La Réunion face à la dengue et la Covid-19

ile de la réunion

Deux épidémies à combattre en même temps, voilà la dramatique situation dans laquelle se trouve la Réunion. Car depuis le début de l’année, la dengue fait des ravages, provoquant près de 190 hospitalisations et recensant des milliers de cas. C’est désormais sur le compte de ces deux fléaux que l’on compte les victimes. 

 

10 fois plus de malades de la dengue que de la Covid-19

Si dans les médias, l’épidémie de Coronavirus occupe la majeure partie de l’information, l’épidémie de dengue qui sévit à la Réunion depuis de nombreuses années, l’emporte largement. On décompte en effet 4200 cas de dengue contre 410 cas de Covid-A19. 

Entre le 6 et le 12 avril, 751 cas de dengue ont été confirmés. Et les symptômes semblent bien plus préoccupants encore que ceux de la Covid-19… Il faut rappeler que ce virus transmis par la piqûre d'un moustique femelle ne bénéficie d’aucun traitement spécifique. On ne fait que traiter les symptômes généralement déclarés après 2 à 7 jours d’incubation. Fièvre élevée, ralentissement du rythme cardiaque, hypotension, anorexie, céphalées, douleurs derrière les yeux, éruption cutanée sur les joues, douleurs musculaires et courbatures diffuses… la liste est longue de tous les maux que provoque la dengue. 9 personnes en sont mortes cette année à la Réunion. 

 

L’urgence : continuer la démoustication malgré le confinement

Ce que craignent les autorités médicales de la Réunion c’est bien que les mesures sanitaires, prises pour lutter contre la pandémie de Coronavirus, n’empêchent la poursuite des actions de démoustication. 

Car les effets négatifs du confinement sont déjà visibles : arrêt des opérations de lutte contre les moustiques, campagnes anti-moustiques stoppées, dépôts sauvages multipliés par la fermeture des déchetteries etc… Tout ça favorisant la multiplication des gîtes larvaires de moustiques et mettant à mal tout le travail engagé jusqu’à présent (élimination des eaux stagnantes favorisant la ponte des moustiques, utilisation d’insecticides et de répulsifs, campagnes de sensibilisation dans les médias et par porte à porte…).

 

L’inquiétude de l’Anses (agence nationale de sécurité sanitaire de l'alimentation, de l'environnement et du travail)

A la Réunion, l’Anses tire la sonnette d’alarme car les risques épidémiques liés aux moustiques sont nombreux (dengue, zika, paludisme…) et l’attention générale se focalise quasi-exclusivement sur la Covid-19. Saisie par la direction générale de la Santé, elle a évalué le rapport bénéfice-risque du maintien des dispositifs de lutte contre la dengue mis en place pendant l’épidémie de Coronavirus et conclut que les mesures prises contre la Covid-19 limitent les interventions des professionnels et de la population, alors que ces territoires sont en pleine épidémie de dengue. 

L’Anses a ainsi rappelé la nécessité de poursuivre et de renforcer la lutte contre la dengue tout en veillant à limiter la propagation du Coronavirus. À l’heure où l'épidémie de dengue ne cesse de gagner du terrain, c'est le scénario du pire qui peut donc être envisagé puisque la baisse de la lutte contre la dengue, provoquée par le confinement, entraînera justement l’engorgement redouté des services hospitaliers…